Budget 2026 : comment sont financées les dépenses publiques françaises ?
En 2026, la France finance ses 1 722 milliards d'euros de dépenses publiques grâce à quatre grandes sources : les impôts sur les personnes (495 Md€), les impôts sur les entreprises (492 Md€), les taxes indirectes sur les choses (600 Md€) et le déficit public comblé par emprunt (135 Md€). Ces chiffres sont issus de la Loi de finances initiale (LFI 2026) et de la Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS 2026).
Impôts sur les personnes : 495 Md€ (28,8 % du total)
Les prélèvements directs sur les ménages totalisent 495 milliards d'euros en 2026. Ce bloc comprend l'impôt sur le revenu (IR) pour 104 Md€, la CSG et la CRDS pour 145 Md€, les cotisations salariales pour 147 Md€, les cotisations des indépendants pour 50 Md€, et les prélèvements divers (PFU, successions, IFI) pour 49 Md€. La France se classe 4ᵉ pays de l'OCDE pour la pression fiscale sur les ménages rapportée au PIB.
Impôt sur le revenu (IR) : 104 Md€
L'IR rapporte 104 milliards d'euros, dont 89 Md€ sur les revenus du travail et 15 Md€ sur les revenus du capital (dividendes, plus-values).
CSG et CRDS : 145 Md€
La Contribution sociale généralisée (CSG) et la Contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) représentent 145 Md€ : 98 Md€ sur les salaires et revenus d'activité, 31 Md€ sur les retraites et pensions, et 16 Md€ sur les revenus du capital.
Cotisations salariées : 147 Md€
Les cotisations salariales s'élèvent à 147 Md€, réparties entre la retraite de base CNAV (68 Md€), l'AGIRC-ARRCO (42 Md€), le chômage salarié à 2,4 % (18 Md€) et la maladie et prévoyance (19 Md€).
Impôts sur les entreprises : 492 Md€ (28,6 % du total)
Les prélèvements sur les entreprises atteignent 492 milliards d'euros en 2026. Ils incluent les cotisations patronales (340 Md€), l'impôt sur les sociétés (72 Md€), la taxe sur les salaires, la C3S et la CVAE (38 Md€), et d'autres taxes sectorielles (42 Md€). Avec un taux de cotisations patronales de 42 % de la masse salariale, la France affiche le taux le plus élevé de l'Union européenne, contre 28 % en Allemagne et 31 % en moyenne dans l'UE.
Cotisations patronales : 340 Md€
Les cotisations patronales représentent le plus grand poste avec 340 Md€ : maladie employeur (130 Md€), retraite de base employeur (82 Md€), AGIRC-ARRCO employeur (62 Md€), chômage employeur à 4,05 % (36 Md€) et AT/MP + maternité (30 Md€).
Impôt sur les sociétés (IS) : 72 Md€
L'IS rapporte 72 Md€ : grandes entreprises et ETI du CAC 40 (48 Md€), PME au taux réduit de 15 % (14 Md€) et retenues à la source (10 Md€). Le taux nominal d'IS est de 25 % en France, contre 15 % en Allemagne et 21,5 % en moyenne dans l'UE.
Impôts sur les choses (taxes indirectes) : 600 Md€ (34,8 % du total)
Les taxes indirectes constituent le poste le plus important avec 600 milliards d'euros. Elles comprennent la TVA (225 Md€), la TICPE et accises sur le tabac et l'alcool (40 Md€), les taxes foncières et locales (48 Md€), les droits de mutation et de succession (20 Md€) et les autres prélèvements indirects (267 Md€). La TVA seule dépasse la somme de l'IR et de la CSG réunis.
TVA : 225 Md€
La TVA est la première recette fiscale de l'État avec 225 Md€ en 2026 : taux normal à 20 % (148 Md€), taux intermédiaire à 10 % (42 Md€), taux réduit à 5,5 % (28 Md€) et taux super-réduit à 2,1 % (7 Md€). Elle est partagée entre l'État (50 %), la Sécurité sociale (32 %) et les collectivités (18 %).
Taxes foncières et locales : 48 Md€
La taxe foncière bâtie (TFPB) représente 38 Md€, la taxe d'habitation sur les résidences secondaires 6 Md€ et la taxe foncière non bâtie (TFPNB) 4 Md€. La taxe foncière a augmenté de +28 % entre 2022 et 2026, les communes ayant relevé leurs taux pour compenser la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales.
Déficit public : 135 Md€ (3,6 % du PIB)
Le déficit public français atteint 135 milliards d'euros en 2026, soit 3,6 % du PIB. Il se décompose entre le déficit de l'État au sens de la LFI 2026 (115 Md€), le déficit de la Sécurité sociale selon la LFSS 2026 (17 Md€) et le déficit des collectivités territoriales (3 Md€). La dette publique totale dépasse 3 465 Md€ fin 2025, soit environ 118 % du PIB, et croît au rythme d'environ 4 279 euros par seconde. La France se classe 7ᵉ pays de l'OCDE pour le niveau de déficit public rapporté au PIB, contre 1,9 % en Allemagne et 2,9 % en moyenne dans l'UE.
Voir aussi
Budget 2026 : où vont les 1 722 Md€ de dépenses publiques françaises ? — Visualisation interactive de la répartition des dépenses publiques : retraites (415 Md€), santé (274 Md€), éducation (155 Md€), défense (57 Md€) et 8 autres postes budgétaires.
Sources officielles
Loi de finances initiale 2026 (LFI 2026) · Loi de financement de la Sécurité sociale 2026 (LFSS 2026) · DGFiP (Direction générale des Finances publiques) · INSEE Comptes des administrations publiques · Eurostat · Cour des comptes · FIPECO · COR (Conseil d'orientation des retraites) · AFT (Agence France Trésor) · DGAFP · DGCL.